“Tu en sais plus que tu penses …” (ou la fois où mon amie a voulu déménager en campagne)

“On va faire une offre”

Oh! que j’avais répondu. Oh! Le son que je produis quand mon cerveau s’allume. J’écoutais mon amie narrer les raisons de son départ.

“Le futur ne m’inspire pas tant”

“J’aimerais pouvoir être plus autosuffisante”

On va se le dire, j’aurais jamais pensé que cette amie là avait ces reflections là. On va se le dire. J’ai très peu de gens autour de moi qui vivent le même genre de vie que moi. Volontaire? Oui.

Sérieusement. Avec le temps, les années (15 depuis juin dernier), je me suis rendue compte que c’était pas tant nécessaire d’avoir des amis tant que ça dans mon milieu. Il y avait bien trop de compétition. Le voisin gonflable ça existe aussi dans le milieu de l’autosuffisance et ça me donne de l’urticaire !

La perspective de savoir que j’aurai une amie près de moi qui allait faire ça aussi ça m’enchante.

Je me suis versée dans un torrent de conseils. Mon dieu, des conseils non sollicités. Moi qui déteste ça, voilà que je me le permettais.

“Tsé l’autre jour tu me disais que tu avais l’impression de ne pas en savoir tant que ça …” Qu’elle m’a dit.

“ouin, je sais …”

“Bien tu en sais bien plus que tu penses, honnêtement je ferais un podcast avec ça !”

C’est peut-être vrai. Mais, je pense pas être assez armée pour faire un podcast avec ça.

Par contre, je peux te faire un article de blog …

Alors voici, à la demande générale de personne …

Mes conseils pour ceux qui envisagent partir de la ville pour vivre une vie plus résiliente en campagne.

  1. Fais-toi un budget pour l’achat de ta maison et respecte le : Ton projet, bien qu’il te fera sauver de l’argent au final, va te demander d’en injecter beaucoup. Vivre en campagne ça peut couter plus cher ne serait-ce que pour les déplacements. D’ailleurs si tu as les moyens de passer à une voiture électrique ou si tu en as déjà une, bon point. C’est très vivable particulièrement pour les gens qui vivent dans la campagne entre Montréal et Québec. Ce n’est donc pas le temps de penser t’acheter les pignons verts ou la grande maison victorienne de tes rêves (tiens donc ça me rappelle quelqu’un ça …) Penses pratique avant joli. Je sais c’est tough. Si c’était à refaire je m’acheterais juste une mini maison …

  2. Fais-toi à l’idée que tu devras mettre la main à la pâte et que tu devras faire plusieurs choses toi-même : Les maisons de campagne sont souvent vieilles et c’est rare des entrepreneurs qui veulent toucher à ça … Ils sont aussi rares ceux qui comprennent la dynamique que tu voudras instaurer. On ne rénove pas comme “en ville” quand on cherche à être écolo/autosuffisant

  3. Prend des notes : Surtout, tout le temps. Combien vous manger de X choses, combien vous passer de temps sur la route, combien de x choses vous avez besoin pour vivre. Tu vas te mettre à calculer beaucoup et souvent, ces notes seront précieuses.

  4. Prend ça une bouchée à la fois. J’ai tellement donné ce conseil souvent, mais c’est la meilleure façon de faire, jurer cracher. Faire tout de tes mains demandera un chamboulement de ton horaire et souvent tu auras l’impression de ne pas avoir le temps de le faire. Prend une chose, exemple, apprendre à faire ton savon à lessive, intègre le dans ta routine, puis passe à un autre étape. L’avantage du faire soi-même c’est qu’il est possible de faire en grande quantité. Je fais souvent mon savon pour un an. Ça me prend trente minutes et ensuite on en parle plus!

  5. Entoure toi de gens positifs ou de gens qui s’en foutent littéralement que tu cueilles tes tomates dans ton jardin au lieu de les acheter à l’épicerie : Hippie, granol, survivaliste (!!), crinquée, intense font partie des nombreux sobriquets que les gens m’ont si sympathiquement donné avec les années. Je te rassure, ça se calme avec le temps. Mais ne pas vivre “comme tout le monde”, je te préviens ça choque et ça dérange. Fais le ménage, s’il ne se fait pas tout seul.

  6. Prévois de l’espace de rangement pour tes trucs: Faire soi-même ça en prend des trucs, outils de jardinage, matières premières, outils, matériel etc. Mais surtout, prévois de la place pour tes réserves et tes récoltes. Mine de rien ici, à trois, c’est pas loin de 1000 pots mason qui tournent. Ça en prend de la place. Penses donc immédiatement à un endroit où tu vas mettre tout cela. Ce qui m’amène à te dire de …

  7. Faire des réserves : Non, c’est pas au cas où la terre pète, mais toute se peut (haha) mais plutôt parce que ça te tentera pas de faire 15 minutes de char (et plus) pour aller chercher de la coriandre (pour de la coriandre? JAMAIS!) ni pour la tomate qui te manque. Tu seras donc super heureuse de faire l’épicerie dans ta réserve. Rien de plus agréable quand l’envie te prendre de cuisiner quelque chose sur le pouce et/ou quand tu as 1 an de réserve et que tu vois les prix monter, monter, monter … Pis personne n’est à l’abri de rien, donc super idée!

  8. Si tu penses avoir des animaux, les poules c’est facile, les cailles c’est du bonbon. C’est vraiment simple à élever, je vais d’ailleurs revenir là-dessus éventuellement. Penses-y si jamais tu veux te lancer.

  9. Si tu as envie de rentabiliser ta nouvelle vie, pense à un service de proximité à offrir. Les campagnes ne regorgent pas d’esthéticienne, massothérapeute, coiffeuse, mais aussi de couturière, de garderie et autres services. Parfois, les gens du coin préfère payer même un peu plus cher pour un service de proximité.

  10. Parles à la municipalité, à la MRC et à tes assureurs si tu as des projets spéciaux et consignes tout par écrit. Tout ce beau monde, tu verras, se contredisent et conseillent/autorisent souvent des choses que l’autre ne veut pas … Joie.

Je pense que j’ai fait le tour. N’oublies pas, si tu as des envies de tels projets, on est là pour répondre à tes questions au meilleur de notre connaissance. Gênes toi pas.

Précédent
Précédent

Qu’est-ce que Julie fait cette semaine ? (#1) Du parfum d’ambiance et de l’eau de linge

Suivant
Suivant

La tablier de fermette de Madame Martine (ou la fois que deux mains c’était pas assez)